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martes, 18 de agosto de 2009

Voilà une autre histoire qui se passe à la Ville, au présent ou au passé, peu importe: un homme reçoit la visite inattendue de son ancienne fiançée à un hotel de Paris.
Photo du court métrage, Hotel Chevalier. Dir. Wes Anderson/U.S.A. 2007/ Avec Jason Scwartzman et Nathalie Portman. Prologue du film du même directeur, The Darjeeling Limited.

jueves, 13 de agosto de 2009

lunes, 3 de agosto de 2009

"Eux aussi ils rêvaient d´aller à Paris pour changer leurs vies, anodines et bourgeoises. Mais ils restèrent dans leur belle maison en bois, si American style, des années 50: paralysés par la peur de changer et d´être vraiment heureux et eux mêmes. Le nom de leur rue, "Rue de La Révolution," deviendra ironique pour eux deux, (et pour d´autres, peut-être) qui y resteront bien installés, pour toujours. Un essai de "Révolution Domestique" essayée et malheureusement échouée par Madame Wheeler (Kate Winslet) qui portera le drâpeau de La Liberté de travers, et qui mourra aussi pour ce qu´elle aurait considéré son droit personnel sur son corps et ses rêves, trahis par la peur de l´autre, son compagnon de fuir avec elle vers un destin sans doute inconnu mais sincère, authentique et aventureux, loin du conformisme de tout ce petit monde of American Dreams, de la middle class, qui nous paraît si solide et si rassurante, mais qui peu à peu détruit tant d´histoires d´amour, de couples qui commençaient par le rêve et l´espoir individuel d´initier ou continuer une nouvelle vie, quelque autre part. Pourquoi pas Paris?"

Photo du setting du film, Revolutionary Road. Dir. Sam Mendes (2008),
avec Leonardo DiCaprio and Kate Winslet.
Un roman de Richard Yates (1961).

domingo, 2 de agosto de 2009

"Martine passait ses après - midis d´automne à Saint Germain des Prés. Au café, elle y allait pour lire, mais surtout pour écrire. Elle buvait une menthe à l´eau, comme quand elle était petite. Quelques fois une grenadine, même. Elle adorait les couleurs liquides dans sa gorge. Certains soirs, René venait l´accompagner. Ils bavardaient un peu sur leurs Oeuvres. Ils croyaient absolument à ce qu´ils faisaient. Ils travaillaient très dur, après les annés de Fac, les cours, leur thèses. Le Grand Atelier de la Rue Jules Vernes était plus qu´un foyer ouvert aux jeunes artistes. C´etait là qu´ils s´etaient rencontrés. C´etait là que tout commença. Un espace d´espoir pour l´Art conçu comme un privilège et un trésor collectif pour faire du monde un lieu plus docile pour tous. Il y avait même des jeunes de la banlieue qui y venaient: ils faisaient beaucoup plus que brûler des voitures. Les filles étaient des vraies artistes: en brut et en nature. Avec leur haine et désespoir ils construirent des Oeuvres inimaginables jusque là: et tout grâce à Madame Duvenbargh, la mécène de la Fondation plus ultramoderne et généreuse de la Ville, dont sans doute on en parlerait fort dans le futur. Au Département d´Art Moderne à la Fac, quelqu´un lui en avait parler, mais elle se méfiait toujours des riches qui marchandaient toujours avec l´Art et les pauvres débutants. Elle, elle faisait de "l écriture- bizarre/zArt" qu´elle appelait: aquarelles- poèmes, collages audacieux, et un peu de tout. Mais Martine était toujours pressée: maintenant elle écrivait des poèmes. Elle croyait qu´elle pouvait mourir à n´importe quel moment, et n´importe où. Elle avait ça dans la tête dernièrement. Des poèmes un peu haiku, étaient sa dernière signature minimaliste, après le Roman sonore et olfactif. Elle attendait avec douloureuse impatience la réponse de l ´agent des Éditions de La Seine, où elle avait envoyé son manuscrit, et la Collection d´Aquarelles Savoureuses, dont ses plus belles couleurs avaient sans doûte étonné le scrupuleux et pointilleux agent littéraire . Et juste cet après midi vulgaire et anodin, René arriva avec une lettre à la main. Elle ouvrit l´enveloppe doucement, et lu la lettre en silence. Après quelques minutes, elle regarda René comme si elle aurait vu une scène d´un film d´horreur et elle lui dit en lui souriant:
- "Tiens, lis-la."
Elle resta songeuse, comme si rien ne se passait autour d´elle, même que le bruit de la Ville faisait tresaillir les oiseaux du quartier. Une vieille dame, à côté de leur petite table sur la terrasse de la brasserie, la regarda, comme si elle se demandait que pouvait bien faire une belle jeune fille comme elle tous les après midi au café. Elle n´avait pas l´air parisienne. Très typée, disons. La dame ne fit pas attention au jeune homme élegant et d´air malin qui l´accompagnait aujourd´hui. Il était exceptionellement beau, comme une sculpture classique, sans éxagérer. Et des cheveux courts et noirs qui lui couronnaient la tête dorée par les étranges rayons de soleils jaunis qui traversaient la rue.
- Ben, tiens, tu as de la chance toi! Tu arrives sur place à Paris, de tes Velazquez et Zurbarans, et voilà que tu commences d´en haut, ma petite! Alors là, toi et tes haikus, incroyable! Six mille euros pour le départ!!
_ Je n´y crois pas vraiment... Attends un peu. Peut-être c´est une blague.
_ Tiens, demande à ta dame d´à côté si elle s´en doute... Tu lui avais montré même quelques poêmes, tu m´avais bien dis, et ça lui avait vachemente plû, non? Il va falloir qu´on l´emmène au vernissage de ma prochaine exposition au Soho.

Martine bût un peu. Elle respira profondemment et embrassa René sur les lèvres. Le goût rafraichissant de la menthe à l´eau sur les lèvres de René le transporta loin, en lui faisant penser à la menthe qu´il aimait macher au Maroc, quand il était petit.
_ Avec le fric on ira en Espagne. Au Sud, tu vas voir la mer là bas comme elle est belle, à Trafalgar, à Tarifa...à Zahara. Tu pourras voir le Maroc, même. Ça dépends des jours. Comme ça tu pourras y peindre... J´en ai marre du noir, du métro... Quand je suis içi, je veux être là - bas. Quand je suis là - bas, je veux être içi... C´est fou.
_ Ne t´inquiète pas, c´est comme ça. Avec moi c ést pareil, quand je vais à Marrakesh...
Tout ça ça colle bien pour nos ouvrages, comme tu les apelles. Allez, viens vite chérie. On s´en va... ce soir on va dîner comme il faut... Où Madame?

Ils se levèrent en riant. Le bonheur ça passe drôlement vite, plus vite que la vie même. Donc il faut fonçer quand il arrive. Martine s´adressa à la dame, en s´approchant à sa table.
- Merci Madame, à vous aussi. À bientôt, je reviendrai un jour de mon voyage au Sud, et on boira un café ensemble, si ça ne vous dérange pas. Elle lui montrait sa lettre en l´agitant en l´air.
La dame souria. Les vielles dames parisiennes ont du mal à sourire.
_ Bien sûr, Mademoiselle. Ça nous faira du bien à toutes les deux. Alors Ça a bien marché votre édition? Et elle continua à lire son journal.
Martine et René s´eloignèrent en marchant le long du Boulevard Saint Germain, avec le soleil et le vent des plages de Tarifa dans les yeux, et entre leurs mains bronzées. L´Église Saint Germain avait acquis une couleur mauve, turquoise, un peu baignée avec les tonalités des aquarelles de Martine, qui avait effacé, comme par magie, les gris bleuâtres de ses vieilles pierres noircies. La foi, il faut toujours l´avoir. Il faut y croire. C´est tout. C´est ce qu´on leurs avait toujours raconter là bas au Sud, les Vieilles Mamans, les Mamans, les vraies, vraies Artistes des Déserts, quoi, les Déesses, quoi, comme Martine aimait d´appeler et parler des femmes de leurs pays du Sud, restées si loin, traversant les frontières cahque jour pour une pute de misérables euros... Tu verras, quand on y retournera, on fera bien quelque chose... pour eux, pour elles. Il faut continuer à écrire, à dire à tout le monde que ta soeur est morte en essayant de traverser la frontière avec son chargement de marchandises sur le dos, pour gagner quelques sous, écrasée comme un rat (qui s´en rapeelera?): la frontière qui sépare ta terre de mon Sud que j´aime tant, entre Ceuta et ton Maroc doré d´Hurlevents. En face, c´est Tarifa, Zahara, où on ira. Attends, tu verras ces haikus-aquarelles parlent d´elles. Il faudra que tu me montres d´autre paroles et images de tes terres. Viens, on quitte un peu Paris: Ça nous fera du bien."
Copyright. De mes extraits de "Paris-Sud."