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domingo, 19 de julio de 2009


Robert Doisneau. Le Baiser de L´Opéra.
¿Que se passait t´il à cette ville, il a quelque temps, dîte si froide, pour que les amants s´embrassent sous la pluie, le soleil, sur la neige, au métro, partout, comme des fous, comme plus jamais ils ne le font aujourd´hui? Je croyais que le Sud était plus chaud... plus ardent. Mais rien vous empêche d´embrasser à nouveau, n´importe qui, à n´importe quel endroit. Non, il n´y qu´à Paris, que tout éclate comme si l´ordinaire se transformait en un extrait de film, ou un passage d´ecriture romancée: allez-y. Vous le verrez. Les cinéastes sont jaloux du noir et blanc: les couleurs tuent l´amour rouge- suffocant. C´est sans doute que les photographes-poètes sont morts trop tôt, et que malgré que les images parcourent l´ère digitale, sans pudeur, seule la légendaire Léica et le regard indiscret des Maîtres de la Photo-Poème ont rendu universel et autenthique, en image triste, grise, ou dangereusement romantique et fidèle, le mystère des mystères pour continuer à tomber... Je l´ai ai vus, moi-même, tous ces amants, à la Cité, aux Champs- Élysées, à Montmartre, à Belleville, en banlieue dans les trains, et je me demandais alors si c´était vrai que sous les gabardines pudiques parisiennes, la passion grelotait fragilement: il fallait bien la réconforter. Un jour je me suis croisée avec un homme qui portait une caméra: il était beau, puis-je le dire? Et il s´est tourné vers moi, et m´a prise en photo quand je descendais l´Avenue de L´Opéra avec une robe rouge et courte de col marin, avec une merveilleuse capeline orange sur mes longs cheveux noirs et ma franche sur mon front blanc. On m´avait offert le chapeau "pécamineux" aux Galeries Lafayette, pour notre voyage en Espagne: au Sud lointain et étouffant. "Regarde moi, petite fille" qu´il m´a dit, ce monsieur inconnu, en s´arrêtant, élegant comme un point-virgule. Je lui ai souris, je l´ai regardé, un peu seulement, et il m´a pris en photo: "en moment décisif". Après je suis rentrée à la maison et j´ai écrit une histoire sur Paris et ce qui lui arrive aux petites filles qui se promènent seules. J´ai gagné un Tableau D´Honneur à l´école, en Français, avec ma rédaction. On m´a félicité, mais même alors, je savais, comme aujourd´hui, qu´aucune parole au monde pourrait/pourra rendre digne de foi, la beauté de l´instant éphimère et sacré: entre nous.

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